Introduction

A cherry leaf from Tokyo found on August 29, 2017
Il n’y a pas si longtemps, un maître Zen appelé Ezra Bayda a écrit, "Quand on y pense vraiment, tout est votre professeur." En allant à l'école aujourd’hui, j'ai pensé à la façon d'écrire cette introduction. J’ai alors remarqué une feuille sur le pavé d'asphalte près d'un cimetière bouddhiste à Tokyo. Certaines parties de cette feuille de cerisier étaient vertes et vibrantes et d'autres montraient des signes de décomposition et jaunissaient. Certaines sections étaient même d’une couleur brun foncé et semblaient presque sans vie. En soulevant la feuille délicatement, j’ai réalisé en examinant ses teintes panachées, à quel point je lui ressemblais.

À l'âge de 62 ans, certaines parties de mon corps sont toujours « vertes » et vibrantes. Cependant, d'autres parties sont visiblement entrain de vieillir et d’autres encore se sentent déjà « mortes ». Les illustrations, poèmes et dialogues regroupés dans cet ouvrage sont les produits d'une feuille insignifiante. Si vous le souhaitez, vous pouvez également considérer ces derniers comme des feuilles. Leurs couleurs et formes varient, mais bientôt la plupart d'entre eux deviendront simple poussière ou compost.

En examinant la feuille dans ma main, je la trouvais isolée, presque solitaire. Les vents l’avaient portée loin de l'arbre sur lequel elle avait probablement initialement surgi. Cependant, aucune feuille ne subsiste toute seule. Bien que celle que je tenais ressemblait à un orphelin solitaire, elle avait encore les marques du cerisier duquel elle provenait.

Je devrais avouer que je me sens aussi déconnecté de(s) l’endroit(s) d’où je suis originaire. Le New Hampshire et de la Pennsylvanie sont de lointains souvenirs et aujourd'hui, j'ai vécu plus longtemps au Japon et à Taiwan qu’en Amérique du Nord. Toutefois, je remarque de temps en temps quelque chose de ces endroits dans ma conscience. Je remarque aussi d'autres endroits, presque comme si toute mon existence était identique à une pile de feuilles mortes.

Dans ce mélange biologique appelé « Tim Newfields » se trouvent quelques nuances de vert vif parmi du roux flavescent en décomposition et des couleurs terre d’ombre rubiconds. Cependant, le vent souffle avec grâce sur chaque feuille et joue aussi avec toutes les structures que nous créons. Ce matin, j'ai reposé gentiment la feuille où je l’avais trouvée, je me suis brièvement incliné devant elle, puis ai marché tranquillement vers l’école.