Un Américain parfait :

un poème dystopique, une image et un dialogue en l'honneur de George Orwell


Mon cerveau se rétrécit :
je deviens de plus en plus stupide.

Des heures et des heures de télévision
ont rendu ma conscience engourdie.

Je travaille sans émotion
comme une machine bien programmée.

Cependant, il n’y a que très peu d’émotions :
ma vie est trop routinière.

L’atteinte des quotas de production est facile
et ce que je dis est généralement considéré comme « correct ».

Cependant, je dois masquer toute trace de doute ou de colère –
les critiques sont réduites au silence.

Y a-t-il eu effectivement une invasion au Laos ?
Les élections au Chili ont-elles bien été truquées ?
Le chef d’État grec a-t-il disparu parce que Washington le souhaitait ?
Ces genres de “faits” sont en train d’être oubliés.

Même si je ne suis pas encore un citoyen parfait,
Homeland Security m'informe que tout va bien :

Bientôt, je vais être un citoyen exemplaire :
un « Amant de Liberté Yankee-Doodle-Dandy »
qui est prêt à faire tout ce que nos dirigeants ordonnent
aussi prévisible que la cloche de Pavlov.
Terri : George Orwell aimerait beaucoup ce poème.
Ted : Nous sommes, de nos jours, encore meilleurs en ce qui concerne la manipulation des émotions.
Sam : Notre ADN n’est-il pas le problème à la base ? Il me paraît rempli de défauts.
Ted : Ouais (en se versant une bière). Peut-être est-ce le cas.
Kris : L'utopie n'est-elle qu'une question d’ingénierie génétique ?
Terri : Je pense que vous surestimez sérieusement le pouvoir des gouvernements.
Kris : (en rotant bruyamment) Et vous sous-estimez le pouvoir de la cupidité.